Vaincus à Louis II, les monégasques ont eu du mal à encaisser la défaite dans les derniers instants du match leur laissant un goût amer juste avant la trêve internationale. Un joueur ne s’en est pas caché au micro de Prime Video Sport, de quoi risquer une grosse sanction disciplinaire infligée par la Ligue?
Hier soir, l’AS Monaco avait le match entre ses mains après le but de Kevin Volland leur permettant de mener au tableau d’affichage 2-1 mais c'était sans compter sur des phocéens qui avaient à coeur de renverser la rencontre en l’honneur d’Amine Harit, victime d’une terrible blessure à quelques jours du mondial. A la 97ème minute, Dimitri Payet est victime de la faute amenant le but victorieux de Sead Kolasinac. Cette faute Alex Disasi, capitaine monégasque, a eu du mal à la digérer en fin de match : “L’arbitre sur les 10 dernières minutes était Marseillais, j’ai pas peur de le dire, il s’est laissé emporter par l’ambiance. Il y a jamais faute sur le dernier coup franc, on joue au football on fait pas de la danse.". Si la frustration est compréhensible, les paroles proférées par le joueur semblent beaucoup trop virulentes et pourraient lui valoir cher. Les propos de l’ancien rémois envers monsieur Bastien sont très, trop, guidés par les émotions et vont certainement lui coûter une suspension d'au minimum deux matchs si l’on compare avec la suspension d’Antoine Kombouaré pour la tenue de propos similaires.
Le coup franc était-il justifié ?
En tout cas, son entraîneur, ses coéquipiers et les consultants y sont allés de leur analyse de la situation pointée du doigt par le défenseur central. A commencer par Thierry Henry qui a été très pragmatique : “ Mais il a un point quand même sur le coup-franc, c'est léger, c'est très léger. Mais t'es pas obligé de prendre le but derrière.", pour d’une certaine manière tempérer les paroles polémiques tout en relativisant les fautes de l’arbitre vis-à-vis d'une défense monégasque encore une fois hier, trop permissive. Si le coach du Rocher Philippe Clément poursuit dans la même ligne éditoriale que son capitaine : “Mais là, ce sont des décisions arbitrales qui ont décidé le match. A la fin, tout le monde connaît bien Payet, c'est un grand joueur avec de grandes qualités, mais dans cette situation, entre trois joueurs, il veut seulement une chose, le coup franc. La seule chose qu'il veut, c'est tomber.”. Cette déclaration paraît plus juste et développée que celle de son joueur tant l’ancien international français, de par son expérience, sait qu'à ce moment-là du match un coup de pied arrêté peut changer la donne bien plus facilement qu’une phase de jeu placée et ainsi accentue sa chute. Cette situation si elle est particulièrement polémique renvoie tout de même au penalty obtenu par Krépin Diatta dont la faute semblait en dehors de la surface, la non-exclusion de Leandro Balerdi pour une grossière faute d'antijeu face à Breel Embolo dans derniers instants du match ou encore le corner non obtenu par les hommes de Tudor menant au but de Volland. Toutes des décisions aussi dures à siffler que lourdes de conséquences mais qui au final font partie du jeu comme Benoît Badiashile l’a exprimé en fin de match dans un registre très calme : “Tout remettre sur l'arbitrage c'est trop facile, on ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes parce qu'on encaisse ce but sur coup franc. Il n'y a pas à critiquer l'arbitrage, c'est de notre faute". Des paroles aussi apaisantes que rares.
Peu importe son avis sur la question, factuellement l’AS Monaco passera la trêve imposée par la Coupe du Monde à une décevante 6ème place de Ligue 1 qui pourrait voir Philippe Clément perdre son poste plus rapidement que prévu suite à ce tiers de saison où aucun plan de jeu ne semble s'être dessiné. L’OM d’Igor Tudor, lui 4ème, est dans le sillage du Stade Rennais et une folle course à l”Europe semble se profiler après le mondial.