Le 13 janvier, l’AS Saint-Étienne a tourné une page sans vraiment s’en rendre compte. Le départ de Maedine Makhloufi vers Dunkerque n’a rien d’un transfert majeur sur le plan sportif. Mais sur le plan symbolique, il pèse lourd. Très lourd. Pour la première fois de son histoire récente, le club ne compte plus aucun joueur natif de Saint-Étienne dans son effectif professionnel.
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Makhloufi était le dernier. Né à Saint-Priest-en-Jarez, formé à L’Étrat, profondément lié au territoire. Avec son départ, un fil se rompt. Celui qui reliait encore directement l’équipe première à son ancrage local.
Douze ans de formation, une porte jamais vraiment ouverte
L’histoire de Maedine Makhloufi avec l’ASSE ressemblait pourtant à celle que le club aime raconter. Douze années passées sous le même blason. Toutes les étapes du centre franchies. Le brassard de capitaine avec la réserve. Et, malgré tout, une seule apparition chez les professionnels.
C’était en Coupe de France, face à Quétigny. Une victoire 3-1. Puis plus rien. Une trajectoire bloquée, comme tant d’autres avant lui. Eirik Horneland ne s’en cache pas. « Maedine a fait du bon travail avec le centre. Il a trouvé un bon challenge. Je suis très content pour lui », a confié le technicien norvégien. Des mots justes. Mais qui actent aussi un constat : l’avenir du joueur ne s’écrivait plus à Saint-Étienne.
Une concurrence verrouillée, un avenir ailleurs
Sportivement, la porte s’est refermée progressivement. À son poste de latéral gauche, la direction avait déjà fait ses choix. Annan. Traoré. Puis Ben Old, repositionné par Horneland. « À ce poste, on a confiance en nos joueurs : Annan, Ben Old, Traoré », a tranché l’entraîneur.
Pour Makhloufi, le message était clair. Pas de place. Pas de perspective. Le départ est devenu une nécessité plus qu’un choix. À Dunkerque, il signe pour trois ans et demi, avec une année en option. Un nouveau départ. Le numéro 42 sur le dos. Et, ironie du calendrier, une possible retrouvailles avec l’ASSE le 11 avril, lors de la 30e journée de Ligue 2.
La fin d’un lien historique avec le territoire
Ce départ ne vient pas seul. Il s’inscrit dans une évolution plus large. Il y a encore deux ans, lors de la remontée en Ligue 1, quatre joueurs issus de la Loire figuraient dans le groupe : Green, Pétrot, Mouton, Chambost. Tous sont partis. Pétrot, lui aussi latéral gauche et enfant de Firminy, avait ouvert la voie six mois plus tôt.
Aujourd’hui, certains joueurs viennent de la région élargie. Moueffek de Vienne. Eymard du Puy-en-Velay. Mais plus aucun Stéphanois au sens strict. Un contraste fort avec l’ADN historique du club, longtemps nourri par son vivier local. De Loïc Perrin à Faouzi Ghoulam, cette filiation faisait partie de l’identité verte.
Avec le départ de Makhloufi, ce lien direct disparaît. Et pose une question simple, presque dérangeante : l’ASSE peut-elle encore se reconnaître sans enfants du territoire sur le terrain ?