Le couperet est tombé ce week-end, laissant le peuple vert face à ses doutes et à un immense chantier. Moins d'une semaine après le terrible traumatisme des barrages d'accession manqués face à l'OGC Nice, l’AS Saint-Étienne a officialisé le départ de Philippe Montanier. Arrivé en pompier de service le 1er février dernier pour succéder à Eirik Horneland, le technicien de 61 ans n'aura passé que quatre petits mois sur le banc forézien avant de plier bagages. Si son contrat initial prévoyait une année optionnelle automatique en cas de montée, l'échec de la mission commando a scellé son destin, poussant le quotidien L'Équipe à lever le voile sur les dessous d'une rupture inévitable.
Le refus de la Ligue 2 et le spectre des blessures
La première raison de ce divorce est avant tout une question d'échelon sportif. Fort de son statut et de ses succès passés, l'ancien entraîneur de Toulouse ne ressentait absolument pas le désir de s'éterniser dans l'antichambre de l'élite. C'est précisément pour ce motif qu'il avait récemment recalé les avances pressantes du FC Nantes. Reçu par le directeur de la performance Huss Fahmy pour un bilan de fin de saison, Montanier n'a par ailleurs jamais ressenti une volonté farouche de sa direction de poursuivre l'aventure.
Le Normand a également été profondément usé par les 16 rencontres passées à la tête de l'équipe, une période marquée par une hécatombe de blessures musculaires au sein de ses cadres. En coulisses, le technicien s'est ouvertement interrogé sur les méthodes de la cellule de performance stéphanoise, incapable de préserver les organismes dans le sprint final.
Un désaccord profond sur la politique de Kilmer Sports Ventures
L'autre point de friction majeur concerne la construction même du groupe professionnel. En conférence de presse, l'ex-manager de la Real Sociedad avait publiquement déploré les déséquilibres criants d'un effectif pléthorique en défenseurs centraux mais cruellement démuni sur les ailes et en attaque.
Sachant que le nouvel actionnaire canadien Kilmer Sports Ventures refuse de dévier de sa feuille de route (axée sur le recrutement de profils "low-cost" basés sur la data à polir), Philippe Montanier a vite compris qu'il n'aurait pas les mains libres pour dessiner les contours du mercato estival. Face à ce manque de garanties techniques et financières, le tacticien a préféré s'effacer. Ivan Gazidis s'est immédiatement mis en quête d'un profil étranger pour entamer un nouveau cycle.