EXCLU : Loïc Badé (RC Lens) - Objectif 5ème place ? "On sait qu'on peut faire quelque chose de bien"

Loïc Badé a 20 ans, il est défenseur central au RC Lens, et a accepté de nous accorder un entretien dans lequel il s’est livré sur son aventure lensoise, ses années précédentes, et sur la vie du groupe des Sang et Or.

Illustration : "EXCLU : Loïc Badé (RC Lens) - Objectif 5ème place ?

La Ligue 1 porte bien son nom, puisqu’elle regorge de jeunes talents. La jeunesse présage de bonnes choses pour le futur et reste omniprésente dans notre championnat. Il est presque devenu d’usage de parler du futur du football français. Rencontre avec un jeune footballeur tout juste débarqué de Ligue 2, dont l'ambition remplit les yeux.

L'ENTRETIEN

Sur le terrain, tu as l’image d’un joueur calme et rempli de sang-froid, mais comment te décrirais-tu dans la vie de tous les jours ?

Loïc : En dehors je suis quelqu’un de simple, je rigole beaucoup. Je ne me prends pas forcément la tête et j’essaie d’être positif à chaque fois.

Quelles sont les qualités nécessaires pour ne pas baisser les bras et rester motivé selon toi ?

Loïc : Se donner des objectifs, je trouve que c’est un point important pour réussir et rester motivé parce qu’on est dans un milieu où on est toujours obligé de vouloir aller de l’avant, donc sans objectifs c’est compliqué. Ensuite, le mental. On sait pourquoi on fait ça, on veut aller au plus haut niveau possible, atteindre les grands championnats, gagner des trophées, donc on sait qu’on ne peut pas se permettre de baisser les bras.

Quelles sont les activités extra sportives primordiales pour toi ?

Loïc : Le foot ça prend beaucoup de place, donc le problème c’est qu’en général, quand on rentre, on est fatigué, donc c’est compliqué de sortir. Mais après pour ma part c’est les séries. Après, avec certains membres de l’équipe, on habite à côté, donc on peut se voir de temps en temps, jouer à la play, manger les uns chez les autres, et voilà.

Formé au Paris FC avant d’intégrer le centre de formation du Havre, Loïc Badé débutait ses années dans le football au sein de l’Athletic Club Boulogne-Billancourt.

Durant tes classes à Boulogne-Billancourt, et ensuite au Paris FC, tu rêvais de jouer où plus tard ?

Loïc : Franchement, je n'ai jamais eu de réel club rêvé. Je n’ai jamais eu de clubs qui m'attiraient plus que ça. Après c’est sûr, y a des clubs qui font rêver, mais y en a pas un qui me fait rêver plus qu’un autre. C’est sûr qu’il y a le Real Madrid, Manchester City, c’est tous des grands clubs mais j’en ai pas un où j’aurais aimé aller.

Que retiens-tu de ta formation passée au Havre et au Paris FC ?

Loïc : Déjà, au Paris FC, j’étais encore milieu de terrain. Ce n’est que lors de la deuxième année que je suis passé défenseur central. La première année, le coach a essayé mais ce n’est pas passé. J’aimais pas, et sur le terrain ça se voyait que je n’avais pas envie. De base, j’étais milieu et j’aimais bien courir partout, et je trouvais que quand en tant que défenseur central, le ballon il est devant et toi, t’attends. La deuxième année, il m’a un peu moins laissé le choix. Donc j’ai appris au Paris FC peu importe où le coach te met sur le terrain, tu joues, et à n’importe quel poste il faut essayer de prendre du plaisir à sa manière. Si le coach te met à un certain poste, c’est pour une raison.

Au Havre, j’ai appris à me comporter comme un grand. Avant j’avais un style de jeu un peu « fou-fou », et puis grâce au coach, qui est un ancien défenseur central, je suis devenu plus mature dans mon jeu, plus efficace. C’est ça que j’ai appris, et ça m’a permis d’atteindre le bon profil plus rapidement.

Qui sont les joueurs qui t’inspirent actuellement, ou qui t’ont inspiré plus jeune ?

Loïc : Quand j’étais plus jeune je regardais surtout les vidéos de Cristiano Ronaldo, de Neymar. J’ai jamais regardé des vidéos de défenseur central *rire*. C’est moins plaisant à voir, je trouve que dans le football, c’est surtout les dribbles qui sont plaisants à voir.

La saison dernière, avant l’arrêt des compétitions, il prenait part à seulement 7 rencontres avec l’équipe première du Havre.

Tu n’as joué que 7 matchs la saison dernière, te sentais-tu prêt quand tu es arrivé ?

Loïc : Pas forcément, j’appréhendais. Pour savoir si j’allais être prêt, c’était le premier match de championnat qui allait me le dire. Vu que ça s’est bien passé, je me suis dit que j’avais les épaules pour, et j’ai réussi à enchaîner. Puis petit à petit, j’ai réussi à prendre confiance en moi.

Est-ce que tu t’attendais à joueur autant pour ta première saison ?

Loïc : Je m’attendais à avoir ma chance. Après, enchaîner dès le départ et continuer ? Ça je ne m’y attendais pas forcément, mais c’est venu, donc tant mieux.

Lens réalise une saison exceptionnelle. Tout juste promu, le club du Pas-de-Calais trône actuellement à la 5e place et n’a pas l’air de vouloir ralentir la cadence, pour ainsi espérer jouer l’Europe, la saison prochaine.

Que penses-tu de l’aventure du club cette saison, pour son sa remontée en Ligue 1 ?

Ah, c’est une belle aventure hein. En plus, jusqu’ici, même si le championnat n’est pas terminé, on sait qu’on peut faire quelque chose de bien, qui va rester dans les têtes. Ce n'est pas toutes les saisons qu’un promu arrive à atteindre une belle place au classement, donc, on pourrait faire une très belle saison. Je pense que les gens vont retenir ça.

« Chaque début de match, c’est une remise en question »

Comment es-tu parvenu à te faire ta place « si facilement » au sein de la défense lensoise ?

Je ne dirai pas que ça a été « simple » parce que y a de la concurrence. Je pense que c’est aussi grâce à la concurrence que j’ai réussi à enchaîner les bonnes performances. Je me disais que, si je fais un bon match sans prendre beaucoup de buts, le coach n’a pas de raison de me sortir. Chaque début de match, c’est une remise en question. Je me dis que je suis jeune, donc si je ne suis pas bon, je saute. Ça me pousse à être exigeant sur le terrain, à donner le meilleur de moi-même. Si ça ne se passe pas bien, je saute. Mais je me dis aussi, Si ça se passe bien, je n’ai pas de raison de sauter. Quand j’étais suspendu ou remplaçant, les joueurs à ma place étaient performants, donc je me disais que si ça se trouve je ne récupérerai pas ma place. Mais à chaque fois, le coach m’a fait confiance. Après je suis encore plus exigeant, donc la concurrence m’a permis de l’être encore plus avec moi-même, et de m’imposer je dirai.

Aligné 21 fois par Franck Haise au sein du onze de départ lensois, Loïc Badé semble avoir la confiance du tacticien, qui le privilégie souvent à d’autres défenseurs centraux d’expérience.

On vous sent très soudés lorsque vous célébrez vos buts et vos victoires, quelle est ta relation avec Franck Haise et les autres joueurs ?

Ce qui est bien dans ce club, c’est qu’il n’y a pas de clans. Tout le monde parle avec tout le monde, mange avec tout le monde, les jeunes comme avec les anciens. C’est ce qui fait qu’à l’entraînement, comme dans la vie de tous les jours, on sent qu’on est un groupe. Le coach aussi, il est ouvert, et c’est le premier à rigoler avec nous. Par contre quand il faut se mettre au travail, on arrive à switcher à s’y remettre.

Est-ce que d’autres joueurs d’expérience comme Leca ou Cahuzac t’aident ou te donnent des conseils sur la Ligue 1 ?

Oui c’est sûr. Surtout au niveau tactique, vu qu’ils ont de l’expérience. Dès qu’on a un problème et qu’on ne trouve pas la solution, avant de demander au coach, on peut en parler à Leca ou Cahuzac et grâce à leur expérience, on arrive à trouver des solutions. Après, il y a aussi Steven Fortes qui a de l’expérience, Massadio Haidara, Gael Kakuta. Tous les anciens ont leur propre expérience, et par rapport à l’adversaire, chacun arrive à apporter sa pierre à l’édifice, et quand il y a des solutions à trouver, ils sont là pour les donner.

Tu t’es rapidement intégré, mais quels sont les joueurs avec lesquels tu as le plus d’affinités en dehors du terrain ?

Moi, je suis toujours avec Ismaël Boura et Arnaud Kalimuendo. On est toujours à trois. Mais je suis aussi souvent avec Steven Fortes. Mais après, je peux me retrouver avec tout le monde, parler avec tout le monde.

Convoité par de nombreuses écuries européennes, Loïc Badé aspire, peut-être, déjà, à de grandes choses.

Prends-tu exemple sur Varane, et ainsi, as-tu comme objectif le même plan de carrière ? C’est-à-dire, jouer dans l’un des très grands clubs européens ?

Sur son parcours, pas forcément, parce qu’après, chaque parcours est différent. Mais c’est sûr, que j’ai un objectif, c’est de jouer dans les plus grands clubs européens pour essayer de gagner le plus de trophées possible. Après, un parcours similaire à Raphaël Varane, pourquoi pas, mais je ne me le mets pas en tête.

Mais finalement, l’objectif finale de cette saison pour toi, ça ne serait pas la 5e place ?

Si on peut arriver 5e, tant mieux. Je pense que par rapport à l’écart créé avec les 4 premières équipes, c’est la meilleure place qu’on pourra obtenir cette saison, et en tout cas, on donnera tout sur le terrain pour.

Un super moment de passé, à échanger avec l’un des futurs grands noms, je l’espère, du football français.

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