Même après la belle victoire face au PSG, Lyon occupe toujours la 9ème place de Ligue 1. Un véritable mal-être s’est installé au sein du club depuis deux saisons d’échecs sans qualification européenne. Un joueur prêté sort de son silence et donne une interview sans langue de bois. Son départ semble désormais plus qu’acté cet été.
Pour la première fois depuis 3 ans, Karl Toko Ekambi a décidé de livrer toutes ses vérités. Prêté à Rennes pour 6 mois sans option d’achat depuis le mois de janvier, le Camerounais avait atteint sa limite et avait besoin de quitter l’OL. Depuis il reprend goût au football avec cet environnement sain. Depuis son arrivée, il a inscrit 3 buts toutes compétitions confondues. Dans une interview accordée à SoFoot, l’ancien lyonnais ne mâche pas ses mots sur le club. Supporters, direction, il n’épargne personne et porte même des accusations lourde de sens.
Toko Ekambi charge les supporters
Depuis le début de la saison, Karl Toko Ekambi a été pris en grippe par les supporters lyonnais (banderoles, chants insultants…). Ils lui reprochent des performances pas haut niveau et un manque de statistiques. Pour rappel en 6 mois il avait inscrit 4 buts et 2 passes décisives. Selon le Camerounais, les supporters ont dépassé les bornes : « Bizzarement, ceux qui sont pris pour cible, ce ne sont pas des Lyonnais. Je ne vais pas dire le mot fort auquel je pense. Ce sont toujours les mêmes profils qui sont ciblés. Maxwel Cornet, Bertrand Traoré, Houssem Aouar, etc. […] Je ne cite pas de mots, vous l’analysez comme vous voulez. Ce sont toujours les mêmes profils qui sont ciblés à Lyon, c’est tout. Et c’est la vérité. ». Il assimile les insultes reçues à une forme de racisme de la part des supporters lyonnais.
Le club dans l’inaction
Toko Ekambi s’en prend également à l’OL. Pour lui, plusieurs personnes en interne n'auraient rien fait pour le protéger. Ils auraient même participés à ce climat invivable autour de lui : « Quand votre photo est partout dans le stade, en grand, que lorsque vous touchez un ballon vous êtes sifflé… C’est dommage parce que je trouve que le club a un peu laissé faire. On sort de l’hôtel, on voit nos photos. On arrive devant le stade, la sécurité laisse les supporters passer et nous caillasser. Ça fait beaucoup. Si l’OL est à cette position, ce n’est pas de ma faute. […] Le président m’a défendu, le coach aussi. C’est un homme Laurent Blanc. Mais on ne peut pas tout maîtriser, on ne peut pas tout gérer. Surtout pas une bande de sauvages dans les tribunes qui insulte des mamans. J’ai perdu mon père, ça insulte mes parents alors que je suis sur un terrain de foot. Quand certains membres du club m’envoient des lettres recommandées pour me mettre une amende, m’enlever ma prime d’éthique parce que j’ai tapé dans la poubelle… Ce n’est pas du soutien, ça. […] Quand tu te fais cambrioler, que tu demandes au club de te mettre la sécurité devant chez toi pendant les matchs et qu’il ne donne pas son accord, alors qu’il le fait pour d’autres joueurs… Ça devient bizarre, tu te poses des questions ». Dans ces extraits, des personnes comme Vincent Ponsot sont ciblées. Le directeur général du football à l’OL est pour beaucoup, en parti responsable de la situation. Mais les déclarations de l’attaquant sont révélatrices du manque de soutien du club.
Plus de retour en arrière
Dans cet interview, on comprend que le divorce est bel et bien scellé entre Karl Toko Ekambi et l’Olympique Lyonnais. L’attitude des supporters et le manque de soutien du club l’ont écœuré. Le joueur indique qu’il est resté professionnel depuis qu’il était à Lyon en ne prenant jamais la parole pour dénoncer sa situation. Il précise bien qu’il fait cela car il est arrivé à un point de non-retour : « J’ai même été trop calme. Je vous le dis, ça a duré trop longtemps. Je n’ai jamais fait d’interviews. Est-ce que vous m’avez entendu parler ? Trois ans à Lyon, je n’ai jamais parlé. […] Je ne pense pas rejouer à Lyon. Je n’espère pas en tout cas ». Ses déclarations sont très claires. Après son prêt au Stade Rennais, l’international camerounais veut donc trouver une porte de sortie au mercato d’été. Sous contrat jusqu’en juin 2024, il affirme avoir des prétendants : « Si j’ai 6-7 offres concrètes sur la table en janvier, c’est que je suis un bon joueur. Il y avait Rennes, le Celta Vigo, des clubs anglais et de pays plus lointains. J’ai eu le choix. ». Si on en croit ses propos, la bataille devrait être rude pour s’attacher ses services. Reste à voir à quel prix et à quelles conditions l’OL sera prêt à le lâcher.