Le maintien de l'OGC Nice en Ligue 1 assuré face à l'AS Saint-Étienne hier soir, le président azuréen Jean-Pierre Rivère n'a pas tardé à vider son sac. Sa cible : l'Olympique de Marseille et Grégory Lorenzi, le nouveau directeur sportif phocéen qui, selon lui, avait bel et bien signé un contrat avec le Gym avant de se raviser. Une sortie fracassante qui promet des suites.
Le feuilleton Grégory Lorenzi a agité une bonne partie du football français ces dernières semaines. Très courtisé après son travail remarquable au Stade Brestois, le dirigeant de 42 ans avait été annoncé avec insistance du côté de Nice, avant que l'OM ne s'impose finalement dans la course. La version officielle — un simple changement d'avis de la part du directeur sportif — ne satisfait visiblement pas Jean-PierreRivère, qui dispose d'éléments bien plus précis sur la réalité des faits. Prise de parole en zone mixte, juste après le coup de sifflet final du match retour contre l'ASSE, le président niçois a déroulé sa version des événements, contrat à l'appui.
"Ce soir, on a un contrat signé"
Le président niçois a d'abord posé le décor : « on n'a pas pu signer le contrat tout de suite parce qu'on avait encore Florian Maurice avec qui on était en harmonie. Je l'avais prévenu à l'avance parce qu'on fait les choses proprement chez nous. On a signé un contrat avec une clause qui était que si on tombait en Ligue 2, il avait la possibilité de se désister. Le contrat était signé. »
Mais quinze jours après la signature, le vent a tourné. « Il m'appelle et demande à me voir. Je lisais la presse et j'ai compris que l'OM était revenu sur le sujet. Il vient me voir au bureau et me dit : "Président, je suis navré, c'est la première fois que ça m'arrive, mais je vais reprendre ma parole et je choisis Marseille." Je lui ai dit que pour nous ce n'est pas neutre, je vais vous rappeler. Je considère que Marseille s'exonère du contrat qu'on avait avec lui. Comme j'ai dit à Greg, je peux comprendre la pression de Marseille qui revient sur le sujet. Mais Marseille sait très bien qu'on a un contrat avec lui. Ils le savent. Il n'a pas pu ne pas leur dire. Malgré ça, ils ont annoncé partout que Grégory Lorenzi serait le directeur sportif de l'OM. J'ai dit à Greg "il y a un problème, imaginez que vous fassiez un joueur, il signe, il a son contrat et 15 jours après, le club où il n'a pas signé le relance". Je ne pense pas qu'il le prendrait bien et je pense qu'il lui demanderait d'honorer son contrat. Ce soir, on a un contrat signé ».
Le président niçois a conclu sur une note menaçante à peine voilée : « quand quelqu'un ne souhaite plus venir au club, on peut comprendre et on ne cherchera pas à le retenir. Mais il y a un club qui s'appelle l'OM, qui sait qu'on a un contrat signé, et s'ils ne savent pas, je leur enverrai le contrat. Il faudra qu'on puisse discuter. Ce ne sont pas des pratiques qui se font. Quand vous avez quelqu'un qui a signé un contrat ailleurs, vous devez interrompre vos discussions. Je pensais sincèrement que l'OM discutait avec lui dans le cas où nous serions en Ligue 2, ce qui était une possibilité du contrat et ça ne me choque pas. Je crois qu'ils lui ont signé son contrat. On discutera avec Marseille. »
Pour l'OM et Grégory Lorenzi, la nomination tant attendue pourrait donc rapidement se transformer en premier dossier brûlant à gérer avant même d'avoir officiellement pris ses fonctions. Le climat entre les deux clubs s'annonce lui pour le moins tendu cet été.