Huit mois après son arrivée, Peter Bosz a dû se résoudre à revoir sa philosophie de jeu. La faute à l’obligation de résultats, mais aussi de joueurs peut-être pas faits pour.
En entrant sur la pelouse du Parc OL hier soir, les Lyonnais savaient qu’une partie de leur saison se jouait dans ce quart de finale retour de Ligue Europa. Distancé en Ligue 1, Lyon peut quasiment dire au revoir à l’Europe cette saison. Il est possible que ce revers ressenti comme une trahison pour les supporters tellement le manque de volonté se faisait sentir, puisse fragiliser la place de Bosz.
Arrivé avec le plein d’ambitions et une philosophie emballante, le Néerlandais a dû se résoudre à quelques concessions.
"C’est toujours le résultat qui est plus important, mais je suis convaincu que tu peux mettre les deux en place, a avoué Bosz sur RMC Sport. Tu peux gagner en mettant la manière, en étant attractif. Aujourd’hui, City, Liverpool ou le Barça sont au top en pratiquant en football offensif. » il ajoute "On doit jouer pour les supporters qui paient."
Cette philosophie, Peter Bosz la suit depuis ses débuts dans le coaching. Biberonné à la sauce Cruyff comme la plupart des entraîneurs néerlandais, l’ancien de l’Ajax n’a pour l’instant pas réussi son pari de rendre l’OL attractif. Si l’aperçu de sa philosophie a été visible sur quelques rares matchs, contre des équipes de bas de classement, ce sont les individualités qui peinent à appliquer les préceptes néerlandais. L’OL n'y arrive pas et sombre dans une saison qui s’annonce la pire depuis 24 ans.
Le Néerlandais a déclaré en conférence de presse : "Ai-je réussi à imposer ma philosophie ? Honnêtement, non, parce qu’on n’est pas assez fort pour jouer pendant 90 minutes, tous les matchs avec un pressing très haut, avec beaucoup de possession. Ça ne me frustre pas mais bien sûr que j’aimerais nous voir autrement. On travaille là-dessus mais ce n’est pas toujours possible. »
Dominer sans concrétiser !
Hier soir, aucune stratégie n’a été appliquée par les hommes de Bosz, si les joueurs Lyonnais peuvent se féliciter d’avoir une domination écrasante (68 %), comme en championnat les joueurs Lyonnais n’ont aucun réalisme offensif. Dominer sans concrétiser, c’est le fardeau de l’OL cette année.
Depuis son arrivée à Lyon, Peter Bosz n’a jamais caché qu’imposer sa philosophie allait prendre du temps. Les supporters le lui ont laissé, mais ils ne s’attendaient sûrement pas à ce qu’un an après, la machine ne soit toujours pas lancée.
Le coach néerlandais semble aussi le premier surpris, lui qui a déjà exporté ce football total en Israël ou en Allemagne du côté du Borussia Dortmund ou du Bayer Leverkusen."Quand tu arrives dans un autre pays, mettre en place un nouveau système ce n’est pas facile. Pour les joueurs aussi donc tu as besoin de temps, poursuit Bosz. En plus, je ne parle pas non plus très bien français. Mais je pense qu’on joue mieux qu’en début de saison. En Israël, je n’ai eu besoin que d’un mois pour mettre en place, à l’Ajax trois mois et ici ça fait déjà 8 mois. Ça dépend de beaucoup de choses."
La milieu de tableau de ligue 1 comme lot de consolation ?
Jeudi soir, Peter Bosz et l’OL pouvaient en partie sauver leur saison. Le technicien lyonnais n’a pas réussi à s'offrir un sursis pour tenter de mettre son jeu en place. La Ligue 1 devient le dernier objectif des Gones alors que ceux-ci sont bien mal positionnés.
"C'est fini en Europe, c'est dur. Je comprends la déception, mais on a maintenant une partie de Ligue 1 très importante, car on veut jouer en Europe. On doit aussi faire une belle fin de saison. On doit gagner presque sept fois."