Rixes programmées aux abords du Groupama Stadium, agressions en plein centre-ville et polémiques judiciaires : le début de saison de l'Olympique Lyonnais est gâché par une succession d'incidents qui installent un climat particulièrement lourd autour du club. Une enquête menée par RMC Sport fait la lumière sur les batailles d'influence et les guerres de récits qui opposent les groupes de supporters historiques aux factions dissidentes.
Au cœur des tensions figure une altercation survenue le 29 août dernier en marge de la réception du Havre, impliquant l'élue locale Meriem Bouchedda. Alors que cette dernière dénonçait publiquement une agression à caractère raciste perpétrée par des supporters, l'enquête du procureur de la République a retenu le chef de violences en réunion sans retenir la circonstance aggravante du racisme.
La contre-attaque judiciaire des Bad Gones
Cette affaire a poussé les Bad Gones, principal groupe de supporters de l'OL fondé en 1987 et fort de 6 000 membres, à se porter partie civile par l'intermédiaire de leur conseil Me Hervé Banbanaste. L'avocat dénonce des accusations systématiques et infondées visant son groupe, alors même qu'aucun membre n'est mis en cause dans le dossier.
De leur côté, les mis en cause, représentés par Me Fabien Rajon, réclament des excuses publiques et envisagent une plainte pour dénonciation d'infraction imaginaire.
Le phénomène des Atypik Lyonnais inquiète les autorités
En parallèle, les services de police et la direction de l'OL suivent de près les agissements des Atypik Lyonnais, nouvelle appellation des 69 Pirates. Ce groupe informe se voit refuser l'accès au Groupama Stadium faute de se soumettre au règlement intérieur imposant l'identification de ses membres et une période de probation de 8 ans.
Considérés comme une véritable poudrière par les forces de l'ordre, ces dissidents multiplierait les provocations sur les réseaux sociaux et les agressions ciblées pour pousser à bout les kops historiques et provoquer leur dissolution par le ministère de l'Intérieur.
Un appel pressant à la neutralité et au soutien de l'État
Face à l'escalade de la violence et à une récupération politique croissante des conflits de tribunes, les dirigeants rhodaniens ont intensifié leur politique d'interdictions commerciales de stade (ICS), avec une centaine de mesures prononcées sur l'année 2026.
Le directeur général de l'OL, Michael Gerlinger, tout comme la maire de Décines-Charpieu, réclament une intervention accrue de la police et de l'État pour sécuriser les abords du stade. Tous les acteurs du dossier s'accordent désormais sur un mot d'ordre strict : stopper l'instrumentalisation politique pour que le football reste le seul point de ralliement des supporters lyonnais.