Pressenti depuis quelques semaines, le retour de Sonny Anderson à l’OL a été confirmé hier par la direction, ravie d’annoncer la nomination du brésilien au poste de conseiller de l’OL Groupe. Si cette décision vise notamment à regagner le coeur des supporters, d’aucuns redoutent que l’ancien attaquant , à l’instar de son compatriote Juninho, ne possède pas les qualifications nécessaires pour exercer un tel poste, au sein d’une institution en crise.
Les années passent et semblent décidément se suivre pour le club septuple champion de France. Enlisé dans les bas-fonds de la première partie de tableau depuis quatre saisons, l’OL n’y arrive plus en ligue 1. Pour tenter de résoudre ces déboires sportifs, la direction aux ambitions européennes réaffirmes chaque été, s’en remet à nouveau à une des grandes figures des années 2000 de l’OL, symbole de l’âge d’or des Gones.
Si la nomination de Sonny Anderson, déjà revenu au club pour y entraîner les attaquants entre 2011 et 2012, a pour but de rassurer les supporters sur les intentions lyonnaises, tout en leur rappelant de façon subliminale le passé glorieux du club présidé par Aulas, l’annonce officielle prononcée hier par le board de l’OL a déjà suscité quelque scepticisme.
Alors que JMA ne cesse d’invectiver Juninho par média interposé, le souvenir du passage du milieu offensif, est dans toutes les têtes. Sans expérience aucune, Juninho avait été nommé directeur sportif entre 2019 et 2021, sans que son rôle soit suffisamment délimité pour éviter les confusions et délicatesses auprès notamment de Rudi Garcia. Aussi, il n’avait pas fallu attendre longtemps pour que les premières frictions viennent entacher l’idée d’une Union sacrée autour d’un club en crise, sauvé par ses vedettes. Si on doit au brésilien un réseau développé et le recrutement de Guimaraes et Paqueta, l’intérim Juninho aura surtout révélé les failles d’une organisation interne déstructurée.
Sans avoir tiré parti les leçons que cette expérience révélait, le président de l’OL n’a cesse de conforter Bruno Cheyrou et Vincent Ponsot à leurs postes. Plus encore, l’intronisation de Sonny Anderson hier s’est accompagné d’une précision quant à sa fonction, gage de confirmation des deux hommes. Confiné à un rôle consultatif, l’ancien barcelonais ne pourra aucunement influer sur le pouvoir de décision du duo composé par le directeur de recrutement et le directeur du football. En ce sens, il apparaît clairement que le retour du brésilien à l’OL vise avant tout à éteindre les critiques pesant sur la direction du club. Ne voulant pas céder aux injonctions des supporters qui réclament le départ du duo Cheyrou-Ponsot, Aulas tente de les endormir en mettant en avant un ex-footballeur inexpérimenté en matière managériale et au pouvoir d’influence absolument nul.
Parce que les mêmes recettes produisent les mêmes effets, la stratégie du board lyonnais devrait à nouveau conduire le club à des échecs sportifs, qui plus que jamais apparaissent le fruit de la direction défaillante d’une institution à la dérive. Après que l’arrivée de John Textor avait laissé entrevoir l’espoir d’une réelle révolution au sein de l’état-major rhodanien, le retour de Sonny Anderson confirme un peu plus la nostalgie d’un club, dont le déni de son déclassement, creuse un peu plus la peine.