Interrogé à l’issue de la défaite de ses hommes face au PSG, Igor Tudor a affirmé n’avoir aucun regret et ne consentir aucune déception malgré le résultat, estimant que ses joueurs avaient réalisé une bonne performance, malheureusement sanctionnée par le talent d’une équipe supérieure.
Igor Tudor n’est pas homme à se renier. Il l’a prouvé une nouvelle fois hier face au PSG et son onze type quasiment retrouvé. Exception faite des absences de Neymar et Hakimi, Galtier disposait hier de ses titulaires habituels et les retours de Kimpembe et Mbappé ont permis au natif de Marseille de retrouver l’organisation tactique qui avait tant réussi aux parisiens lors de leur début de saison tonitruant : le 3-5-2.
En face, la suspension de Chancel Mbemba, buteur face à Toulouse le week-end denier, a contraint l’entraîneur croate a titularisé Bailly et Balerdi dans l’axe de la défense. Avec Tavares et Kolasinac en pistons, l’ivoirien et l’argentin étaient souvent seuls à veiller les déplacements du bondynois, capable, à l’instar de Nuno Mendes et Mukiele, de prendre de vitesse la défense marseillaise à chaque instant.
Alors que le ton de la dernière confrontation entres le deux équipes avait été donné par l'intensité et le rythme mis d’entrée par les olympiens, les premières minutes hier soir, ont tout de suite affiché les intentions parisiennes. Plus combatif à l’image des trois centraux, plus généreux dans l’effort à l’image des trois milieux de terrain et de leur pressing constant sur le porteur du ballon, et enfin, plus confiant à l’image des deux avants-centre, pas franchement impressionnés par leurs adversaires, Paris a montré d’emblée où reposait le déséquilibre : dans la profondeur.
Avec un Tavares porté aux avants-postes, Mbappé n’avait plus qu’à se défaire du marquage individuel d’Eric Bailly, complètement impuissant hier soir face au français. Si les deux premières occasions du latéral portugais, engagé dans de nombreux duels avec son compatriote d’en face, auraient pu dicté un tout autre scénario, il n’empêche que la verticalité du jeu parisien a complètement fait chaviré l'entrejeu du navire phocéen. Une fois passée la première ligne, chose relativement aisée à la faveur du talent technique de Verrati, Vitinha ou encore Messi, beaucoup plus impliqué hier, et décrochant pour venir gratter le ballon dans le camp parisien, Mbappé, et Mendes offraient des solutions de projection rapides et quasiment inarrêtables.
Aussi, alors que l’OM était déjà mené 2-0 à la pause, d’aucuns s’attendaient à ce que Tudor, adepte des changements à la mi-temps, procède à une réorganisation tactique, quitte à renoncer à un certain penchant offensif. Or, il n’en fut rien et Marseille continua donc de concéder de très nombreuses occasions, sans réussir à se montrer très dangereux face à un bloc parisien dans un grand soir, et un Gigi Donnarumma, qui se sera largement fait pardonné sa bévue face à Coman, il y a 15 jours.
Interrogé par nos confrères de PrimeVideo au sujet de l’impact provoqué par la présence de Mbappé, Tudor a affirmé, tout en reconnaissant le poids décisif du bondynois impliqué sur les trois buts parisiens, que sa titularisation n’avait pas affecté sa mise en place tactique. Cela ne nous avait pas échappé. À l’instar d’un Carlo Ancelloti qui donne toujours sa composition avant de connaître celle de son adversaire, le coach marseillais a montré une nouvelle fois l’étendue de sa philosophie d’un jeu de possession offensif, qui ne se soucie pas des plans adverses. Or, immanquablement, quand l’équipe d'en face est supérieure, une telle philosophie vire au sophisme. Heureusement pour l’OM, c’en est fini de Paris cette saison, qui à ce niveau, filera seul vers le titre. Il faudra donc désormais regarder derrière pour consolider une deuxième place, arrachée à la dernière journée en mai dernier. Bonne nouvelle pour Tudor, dans sa croisade pour porter les olympiens vers la meilleure saison comptable de ces dernières années, potentiellement couronnée d’un titre en Coupe de France, sa stratégie offensive devrait mieux fonctionner face à des équipes toutes inférieures à l’OM.