Le séisme continue de secouer la Canebière. Quelques jours après le départ fracassant de Roberto De Zerbi, Medhi Benatia a annoncé son départ de l'Olympique de Marseille dans un message empreint d'amertume. L'ex-international marocain, arrivé en novembre 2023 pour redresser la barre après l'élimination en Ligue des Champions et le départ de Marcelino, tire sa révérence en laissant le club dans une crise profonde. Derrière le discours officiel adressé aux supporters, plusieurs raisons expliquent cette rupture brutale avec l'institution marseillaise. Entre promesses financières non tenues, tensions avec Pablo Longoria et climat délétère, le directeur du football a préféré s'effacer plutôt que de devenir un obstacle au développement du club. Son départ révèle les failles structurelles d'un OM en pleine tourmente.
Une rupture psychologique avec l'environnement marseillais
Dans son message d'adieu, Benatia évoque d'abord une fracture avec l'ambiance du club. « Malgré les récentes déconvenues et certains scénarios cruels, sportivement, le projet avance, mais je ne peux ignorer le climat actuel. Je ressens une insatisfaction croissante, une rupture que je regrette profondément », confie-t-il. L'hostilité ambiante après les revers contre Bruges et le PSG a pesé lourd. La pression constante des supporters et l'atmosphère tendue sont devenues des freins au développement du projet. Le dirigeant refuse que sa personne devienne un poids ou une entrave pour l'avenir olympien. Cette décision traduit un épuisement face à un environnement devenu toxique, où chaque contre-performance déclenche une vague de contestation.
Des engagements financiers non respectés par l'actionnaire
Au-delà du climat, c'est surtout la dimension financière qui a précipité le départ de Benatia. Lors de sa nomination, un accord clair avait été établi : après une première année d'austérité nécessaire, l'actionnaire devait débloquer des moyens significatifs pour franchir un palier. Ces promesses de liquidités ne se sont jamais concrétisées. Contraint d'improviser, Benatia a multiplié les montages complexes : prêts secs, options d'achat obligatoires, acrobaties financières pour boucler les recrutements. Cette gestion au coup par coup, loin des ambitions initiales, a fini par user le dirigeant. Sans les ressources promises, impossible de construire un projet cohérent. Le directeur du football ne s'estimait plus en mesure d'accomplir sa mission dans ces conditions précaires, où chaque mercato relevait du bricolage plutôt que de la stratégie.
Une relation dégradée avec Pablo Longoria
L'autre clé du départ réside dans la détérioration des rapports avec le président. Longoria aurait mal vécu le poids croissant de Benatia auprès des joueurs et au sein de l'institution. Les banderoles hostiles à son encontre face à Strasbourg et la gestion chaotique du départ de De Zerbi ont achevé de pourrir l'atmosphère. Le président impute à demi-mot les contre-performances de 2026 à son ex-directeur du football. En perdant Benatia et De Zerbi en quatre jours, Longoria se retrouve isolé face à une fronde générale des ultras réclamant son départ.