Après avoir arraché l’égalisation dans les ultimes secondes d’une deuxième mi-temps cauchemardesque, les joueurs d’Igor Tudor se sont inclinés face au Annecy FC au terme d’une séance de buts dantesque, marquée par la justesse des tireurs face à deux gardiens de très haut niveau.
85ème minute : Alexis Sanchez s’avance face à Thomas Callens après que l’OM a obtenu un penalty plutôt généreux. D’aucuns s’imaginent alors que le rêve savoyard ne pourra résister à l’expérience et à la grinta de l’ancien barcelonais, dont le but promis devrait relancer les phocéens à qui il restera moins de 10 minutes pour éviter une séance de tirs aux buts.
C’était sans compter sur l’expertise remarquable du second gardien d’Annecy, spécialiste de l’exercice, rappelant à cet égard à ceux qui considèrent les penaltys comme une loterie qu’il s’agit d’un face-à-face entre un tireur et un gardien, qui n’a rien à envier à la chance.
Héros des deux tours de qualification précédents conclus aux tirs aux buts, Thomas Callens a récidivé, par deux fois hier soir : d’abord devant le chilien, puis lors de la séance face à Tavares, permettant de remettre les deux équipes à égalité avant que le 8ème tir, synonyme de mort subite, manqué par Balerdi n’envoie les savoyards en demi-finale. Numéro 2 dans les buts d’Annecy, Thomas Callens n’a disputé que 8 rencontres cette saison, 6 en Coupe et deux championnat, et a démontré hier que l’adversaire des annéciens en demi-finale, tirée au sort aujourd’hui, serait bien inspiré de ne pas aller jusqu’aux tirs aux buts.
Malgré la domination des marseillais, la victoire des hommes de Laurent Guyot semblait largement mérité au vu de la seconde période de très haute volée, réalisée par les coéquipiers de Mouanga, impériale en défense centrale et buteur juste avant l'heure de jeu. Lourdement défauts à Sochaux samedi, les Annéciens affrontaient pour la première fois une équipe de ligue 1 cette saison, sur la route du Stade de France. Au vu des 45 premières minutes, ils pouvaient s’estimer heureux de rentrer au vestiaire avec seulement un but de retard. Jordan Veretout, dont c’était hier soir l’anniversaire et qui s’est offert un but pour le célébrer dignement, faisait part à la pause de la nécessité de plier rapidement la rencontre, regrettant la faiblesse de l’écart entre les deux équipes à ce stade du match. Les deux buts savoyards inscrit en moins de 6 minutes lui auront assurément donné raison.
Alors que l’OM avait plus de trente minutes pour revenir au score, les olympiens n’ont jamais semblé autant en difficulté cette saison en terme offensif. Plus encore, les sorties de balle parfaitement exécutées des hommes de Laurent Guyot auraient pu conduire à un troisième but annécien.
Il aura fallu un coup du sort pour que le centre de Louis-Régis Mughe, se transforme involontairement en tir et finisse par lober le portier savoyard. Toutefois, même après avoir été aussi cruellement repris au score dans la dernière minute des arrêts de jeux, les annéciens se sont avancés avec confiance face à Paul Lopez, sous les sifflets du virage sud du Vélodrome.Les supporters phocéens qui rêvaient d’un titre en Coupe de France après avoir éliminé Rennes et le PSG de la compétition, ne s’attendaient pas à un tel coup.
11 ans après leur dernier sacre-doublé Trophée des Champions et Coupe de la Ligue en 2012, la Coupe était, pour une nette majorité de nos sondés, l’objectif ultime d’une saison où le titre semble s’être envolé après la lourde défaite subie contre Paris dimanche.
C’est la première fois cette saison que les hommes d’Igor Tudor s’inclinent deux fois d’affilée. Autant dire qu’il faudra réagir sans attendre pour laver l’affront de la première élimination marseillaise, à ce stade de la compétition en Coupe par une équipe de division inférieure.
En déplacement au Roazhon Park face à des rennais revanchards, et des supports bretons motivés à contribuer au redressement de leur équipe, les marseillais devront retrouver la rage de vaincre qui caractérise l’empreinte d’Igor Tudor sur un groupe qui a clairement les qualités pour s’imposer en Bretagne. Rendez vous, dimanche soir à 20 h 45.