Mettant un terme à la série de trois défaites consécutives toutes compétitions confondues, la victoire des parisiens face au LOSC hier soulève peut-être davantage de questions qu’elle ne répond aux interrogations nées après la fin de la Coupe du Monde. Porté par ses stars à l’investissement inégal, Paris se réveille plus serein à moins de 7 jours du choc contre le dauphin marseillais, à la rage de vaincre et au plan de jeu nettement plus affirmé que les coéquipiers de Messi.
Après avoir encaissé trois buts coup-sur-coup sur sa pelouse, Paris a réussi à reprendre l’ascendant, démontrant par là une force de caractère qui manquait à l’équipe ces dernières semaines. Pierre angulaire du projet qatari, Mbappé, irréprochable dans son comportement sur et en dehors du terrain, avait toutefois laissé apparaître sa frustration lors du troisième but lillois, jugeant que Bamba avait été laissé seul par trois défenseurs trop attentistes. S’il aura toutefois fallu attendre l’entrée de Zaïre-Emery pour observer un embryon de révolte, les parisiens, sont parvenus à écrire le scénario d’une rencontre rocambolesque.
Bien que la capacité de réaction parisienne a surpris hier, dans le cadre d’un début d’année difficile, l’absence de défaites à domicile en championnat est l’une des marques de fabrique du PSG made in Qatar, le club de la capitale n’ayant jamais perdu au Parc lorsqu’il était mené par 3 buts ou plus en ligue 1, depuis qu’il est sous la tutelle de l’émirat pétrolier.
Au terme d’une semaine agitée par les contre-performances sportives, les remous internes et l’interventionnisme de Luis Campos, la victoire était nécessaire à conforter un coach déjà menacé, alors que le PSG mené par Mbappé a montré à quel point l’équipe était différente lorsque le bondynois était aligné d’entrée. Aussi, sa titularisation d’abord face à Marseille, puis face au Bayern augure d’un état d’esprit parisien bien différents que celui affiché lors des deux dernières rencontres disputée face à l’ennemi olympien et la bête bavaroise.
Indépendamment de sa puissance, de sa vitesse, et de la profondeur qu’il offre à des offensifs parisiens sans solution en son absence, Mbappé a surtout une influence directe sur l’un de ses meilleurs coéquipiers : Neymar. Critiqué en permanence depuis son arrivée en 2017, le brésilien, qui mène de front carrière sportive et célébrité, refusant de sacrifier sa jeunesse aux exigences ascétiques auxquelles se plient plus facilement son jeune partenaire français, semble bien plus inspiré lorsqu’il est entouré de joueurs de talent, capables de comprendre et de bénéficier de ses inspirations géniales.
Samedi dernier, sa colère face à Vitinha exprimait pleinement ce sentiment d’impuissance, congédié à propos hier lors du deuxième but parisien, fruit du travail des deux lusophones. Malgré sa bonne première période, sa sortie sur blessure au retour des vestiaires ne manquera pas d’alimenter à nouveau les rumeurs sur le compte du mode de vie d’un joueur, sous le feux des critiques cette semaine en raison d’une participation à un tournoi de Poker et des complaintes répétées de ses voisins, gênés par les nuisances sonores du brésilien émigré à Bougival. Or, à cet égard, de telles remarques seraient fortement inappropriées, la fragilité du brésilien à la cheville étant malheureusement musculaire et aucunement lié à une hygiène de vie dont on pourrait lui faire reproche.
Alors que la blessure du Ney s’ajoute à celle d’Hakimi, de Marquinhos et de Nuno Mendes, sorti avant la mi-temps, Galtier devra sûrement attendre des nouvelles de l’infirmerie avant de définir le 11 qui débutera au Vélodrome dimanche. Au vu de la présence intrusive de son directeur sportif le long de la ligne de touche hier, nulle doute, que comme face au Bayern, la direction parisienne aura son mot à dire au sujet des choix du numéro 1 sur le banc. À défaut d’être une institution en mesure de tenir un cap : celui de remporter la première Ligue des Champions de l’histoire du club, le PSG est devenu un feuilleton, que l’on suit, comme un mauvais téléfilm dont on connaît d’avance la fin : celui de la contestation d’un entraîneur empêché à tous les étages de diriger une équipe, qui aurait pourtant grandement besoin de plus de discipline et de cohésion.
Face à l’OM de Tudor dimanche, l’état-major parisien aura certainement l’occasion de s’inspirer d’une stratégie dictée par le sportif, et non le marketing. De quoi retenir la leçon ?