Toujours plus d’expatriés dans le Big 5 européen

D’année en année, les effectifs sont taillés pour devenir de plus en plus compétitifs. En Europe, la course aux trophées s’avère être de plus en plus difficile face à la concentration de talents au sein des mêmes équipes. La formation a encore sa place, mais le recours au marché des transferts est devenu un automatisme qui n’a plus de frontières. Seule une poignée de clubs continue à user de méthodes traditionnelles, mais les exceptions ne sont pas souvent synonymes de performances.

Illustration : "Toujours plus d’expatriés dans le Big 5 européen"

Les cadors européens forment bien souvent les équipes les plus cosmopolites. C’est ce que révèle le dernier post du CIES (Centre International d’Étude du Sport) à propos du temps de jeu accordé aux joueurs expatriés dans les clubs européens.

Si le lien entre le nombre de joueurs étrangers dans un effectif et le nombre de trophées remportés n’est pas aussi simplement défini, on note tout de même un rapport entre le fait que les clubs dont l’empreinte nationale n’est pas une priorité, sont généralement les plus performants. Il existe néanmoins des clubs dont la politique s’écarte totalement de ce mode de fonctionnement, et qui obtiennent malgré tout, des résultats probants.

Des champions multilingues

En se basant sur les minutes jouées par les joueurs étrangers dans les effectifs depuis le début de la saison, l’Udinese est le club du Big 5 européen avec le plus d’expatriés. 88% des minutes sont jouées par des joueurs étrangers dans le club italien. Chelsea arrive deuxième de ce classement avec 86,6% de minutes accordés à des joueurs non-anglais. Le champion d’Europe confirme que l’identité du club n’a jamais été tournée vers l’empreinte britannique pour construire son équipe et remporter des trophées.

Sur le plan national, Lille, champion de France en titre, est l’équipe de Ligue 1 ayant le plus recours à des joueurs étrangers. 81,9% exactement. C’est plus que le Paris Saint-Germain et ses 75,2%, et bien plus encore que Reims, troisième club français de ce top avec seulement 58,5% de minutes accordées à des joueurs expatriés.

Manchester City, champion d’Angleterre, l’Altético de Madrid, champion d’Espagne, ou encore le Real Madrid et Liverpool par exemple, voient tous leurs totaux dépasser les 75%. Kévin De Bruyne, Jan Oblak, Karim Benzema et Mohamed Salah étant respectivement les joueurs phares de ces effectifs, la donne semble des plus logiques pour ces cadors aux multiples victoires.

Des exceptions performantes, d’autres moins

Le cas le plus probant d’une équipe solide grâce à des joueurs nationaux n’est autre que le Bayern Munich. Avec plus de 60% de joueurs allemands dans son effectif depuis le début de la saison, le Bayern est incontournable. Robert Lewandowski étant pourtant le joueur clé de l’équipe, les joueurs d’expérience tels que Manuel Neuer ou Thomas Muller sont toujours présents, tandis que la jeune génération de la Mannschaft (Jamal Musiala en tête) tape déjà à la porte. Preuve que le volume de joueurs expatriés ne fait pas toute la réussite d’un club, le Stade Rennais ou le FC Metz ont davantage recours à des joueurs étrangers que le Bayern Munich.

Les deux cas les plus extrêmes d’une politique essentiellement nationale sont l’AS Saint-Étienne et l’Athletic Club de Bilbao. Pour les Stéphanois, ce sont 4,1% des minutes totales qui sont jouées par des joueurs issus d’autres nationalités que la France. Une politique de formation qui a porté ses fruits fût un temps, mais qui place en ce moment les Verts à la dernière place de la Ligue 1.

Concernant les basques de l’Athletic, leur stratégie a toujours été très en marge du reste de l’Europe en construisant délibérément un effectif uniquement composé de joueurs basques. Seuls des joueurs issus de la formation du club ou ayant une origine du Pays basque défendent ce club singulier qui parvient tout de même à se placer régulièrement dans le top 10 espagnol.

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