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Euro 2021 : Les raisons de l’échec de l’Equipe de France

Coup de tonnerre hier soir à Bucarest ! Grand favori de cet Euro, les Bleus se sont inclinés aux tirs au but face à la Suisse. (3-3, 4-5 aux TAB). Véritable fiasco au vue des ambitions françaises et de l’engouement autour du retour de Karim Benzema, quelles sont les raisons de ce naufrage ?

L’absence de véritable plan de jeu

Les Bleus auront joué au total seulement quatre rencontres au cours de cet Euro 2021. Quatre matchs, quatre dispositifs tactiques différents. Si Didier Deschamps a pour habitude de faire évoluer ses hommes dans un traditionnel 4-3-3, l’ancien coach de l’Olympique de Marseille a décidé d’innover. Contre l’Allemagne, c’est en 4-1-2-1-2 que les Français ont décroché leur seul et unique victoire. Affichant une certaine solidité malgré une animation offensive dont on attendait plus, le résultat était au final plutôt convaincant. Mais les doutes ont commencé à émerger après la rencontre face à la Hongrie. Dans un 4-3-1-2 où le seul changement était la présence de Lucas Digne sur le flanc gauche de la défense à la place de Lucas Hernandez, le trio Griezmann, Mbappé, Benzema n’a pas réussi à s’illustrer malgré une opposition qui semblait largement à leur portée. Comme si cela n’était pas suffisant, c’est le secteur défensif qui a été mis à mal, et qui avait pourtant été la grande force des Bleus lors de leur sacre en 2018. Pour leur troisième et dernier match de poule face à au Portugal, les partenaires de Paul Pogba ont affiché, à nouveau, un visage manquant de sérénité, de fluidité, et d’efficacité. Si le score final n’avait pas de raison d’inquiéter les fans étant donné l’adversité (2-2), le spectacle proposé sur le terrain commençait à devenir alarmant. Dans un dispositif un peu plus classique, un 4-2-3-1, dans lequel étaient venus s’incorporer Jules Koundé et Corentin Tolisso, les joueurs de Didier Deschamps n’ont une nouvelle fois pas convaincu. Le clou du spectacle a été le 3-5-2 employé lors ce tragique huitième de finale face à la Suisse. Dans ce schéma tactique inédit, les champions du Monde ont semblé totalement perdus, affichant parfois même un manque d’envie.

Une solidité défensive perdue

Si le sacre de la France en 2018 n’a souffert d’aucune contestation, les Bleus ont été la cible de nombreuses critiques visant plus particulièrement l’aspect trop défensif du jeu pratiqué. Pas de jeu de possession comme on a l’habitude de le voir avec les grandes équipes, mais une ligne défensive impériale et une efficacité de tous les instants. Si ce dernier point a également manqué à l’équipe de France cet été, en témoigne le nombre incalculable de loupés de Kylian Mbappé, qui n’est pas parvenu à cadrer le moindre tir de la compétition (son seul tir cadré a été son pénalty… manqué), c’est bien la fragilité dont ont fait preuve les onze acteurs français lorsqu’ils n’avaient pas le ballon qui a frappé les observateurs. Face à la Suisse, Granit Xhaka et Remo Freuler ont eu le luxe de se voir offrir de véritables boulevards leur permettant d’aisément alerter Haris Seferovic et Breel Embolo, trop souvent oubliés par les défenseurs. En contre attaque l’équipe de France a semblé démunie, en témoigne le but égalisateur suisse qui part d’une perte de balle de Paul Pogba juste devant la surface adverse. Le domaine aérien, dans lequel Raphaël Varane et Presnel Kimpembe sont pourtant connus pour leur qualité, a été l’une des faiblesses françaises. Sur le premier but, c’est Clément Lenglet qui est totalement mis à l’amende par Seferovic, puis sur le second, le numéro 9 de Benfica s’est retrouvé entre Kimpembe et Varane… sans marquage et libre de placer sa tête comme il l’entendait. Enfin, l’habituelle sérénité a fait place à la panique tout au long de la compétition. En quatre matches les Bleus ont concédé pas moins de trois pénaltys, qui étaient tout sauf discutables.

Un problème dans le vestiaire ?

Lorsqu’on les a vus en Russie en 2018, les Bleus ont donné l’image d’un groupe uni, dans lequel chacun avait sa place et où ne semblait régner aucune tension. Lors de cet Euro, les choses ont semblé différentes. Tout a commencé lorsqu’Olivier Giroud, en conférence de presse, avait indirectement déclaré que Kylian Mbappé ne lui donnait pas assez le ballon, privilégiant Karim Benzema. L’incendie avait semblé être rapidement éteint après que le joueur du Paris-Saint Germain réponde au buteur de Chelsea, en conférence de presse également. Autre élément qui pourrait indiquer une mauvaise cohésion dans le groupe, l’image qu’on renvoyée les 26 joueurs présents pour l’aventure. En 2018, des joueurs qui n’avaient pas forcément leur place dans le onze des titulaires semblaient tout de même apporter un plus dans le vestiaire, que ce soit au niveau de l’union ou de la vie de groupe. En 2021, les images que l’on a eues de nos Bleus ont semblé fades, loin de ce que l’on avait pu voir auparavant. Enfin, l’autorité de Didier Deschamps a, pour la première fois depuis sa nomination a la tête du groupe France, été remise en question. Entré à la pause à la place de Clément Lenglet lors du match face à la Suisse, Kingsley Coman s’est ensuite blessé en tout début de prolongation. Après intervention des soigneurs, le joueur du Bayern Munich a exprimé son souhait de rester sur la pelouse, contre l’avis du sélectionneur. Après avoir envoyé Marcus Thuram à l’échauffement pour le remplacer, l’ailier a fait savoir qu’il continuait sur le terrain. Point culminant de cette scène surréaliste : l’altercation entre le joueur et Didier Deschamps à la mi-temps de la prolongation, durant laquelle Kingsley Coman a semblé employer un ton particulièrement véhément vis-à-vis de son coach. Il aura fallu attendre la 111ème minute et la deuxième mi-temps des prolongations pour le voir sortir, toujours à contrecœur. Pas franchement rassurant quant à l’ambiance qui règne dans le groupe…

Malgré cet échec cuisant, Didier Deschamps devrait être le sélectionneur de l’équipe de France en septembre prochain. Cependant, il lui faudra améliorer et corriger certains éléments qui ont clairement fait défaut à son groupe durant cette compétition.

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