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Le problème du centre de formation de l’Olympique de Marseille

Le centre de formation du club phocéen ne cesse de poser de nombreux questionnements depuis quelques années, maintenant. Les talents à émerger se font rares, et à Marseille, l’effectif professionnel n’accueille que rarement de jeunes joueurs du centre. Le terme de « pépite » même, semble avoir été supprimé du langage marseillais. Mais alors, quel en est le véritable problème ?

Le Paris Saint-Germain, et surtout le centre de formation de l’Olympique Lyonnais, sont reconnus depuis des années, pour être à l’origine de l’éclosion d’immenses talents du football français, le Stade Rennais et l’AS Saint-Etienne ne sont pas non plus trop mauvais dans le genre. À l’été dernier, la FFF publiait le classement des meilleurs centres de formation de l’hexagone. Sans grande surprise, le centre de formation phocéen n’entrait même pas dans le top 15. La raison ? Les jeunes joueurs se font rares du côté de l’effectif de la Canebière. Mais alors pourquoi les talents à porter le maillot de l’équipe première sont-ils si peu nombreux ?

La pression, facteur clé

Jouer à l’Olympique de Marseille n’a jamais été chose facile, les récents événements l’ayant d’ailleurs prouvé. L’amour pour le ballon rond, en terre marseillaise, est si fort que faire face aux potentiels critiques pourrait s’avérer très difficile pour une jeunesse frêle. Le passage du stade d’amateur, à celui de professionnel est difficile dans tous les clubs de football. Mais à Marseille, le cap à franchir est peut-être encore plus élevé. La jeunesse ne serait donc pas prête à relever le défi, si tôt.

Pourtant, voilà, Boubacar Kamara et Maxime Lopez, tout deux issus d’une génération proche (99 et 97), réussissaient à faire leur bout de chemin, et à devenir membre à part entière du groupe professionnel. Toujours est-il qu’au début de la saison, Maxime Lopez préférait quitter la Canebière, dans le cadre d’un prêt, pour rejoindre l’US Sassuolo. L’occasion pour lui de gagner en maturité, en confiance, et de revenir plus fort jouer sous les couleurs du club de son cœur. Jouer pour l’Olympique de Marseille, c’est accepter, plus qu’ailleurs, de devoir mouiller le maillot à chaque minute, sans répit, sans avoir peur des représailles ou de la colère des supporters.

Au mois de décembre 2017, Gary Bocaly, ancien joueur de l’Olympique de Marseille, formé au centre de formation, se confiait au média Sport.fr sur la difficulté des jeunes à s’imposer : « Pourquoi les jeunes peinent tant à s’imposer ? La difficulté à Marseille c’est que lorsque tu es dans un grand club, il y a la pression des résultats et du public. C’est plus compliqué pour le coach de lancer un jeune. Il faut des garçons forts mentalement pour résister à cette pression. Est-ce dû à un problème structurel ? À mon époque, on avait d’excellents éducateurs. De ma génération, des joueurs comme Nasri, Benatia ou les frères Ayew sont sortis. De ce que je sais, ça a énormément changé. Aujourd’hui, ils ont un vrai centre de formation, où tout est équipé. Ils se donnent les moyens de progresser. Robert Nazaretian, le président du monde amateur, se démènent corps et âme pour aider les minots de l’OM à intégrer l’équipe première. »

Mais les moyens ont-ils vraiment été déployés comme prévu depuis ?

Marley Aké, l’un des talents de la génération 2001, rejoignait la Juventus cet hiver, faisant ainsi partie des rares joueurs marseillais, de ces dernières années, à vraiment s’imposer. Encore qu’à Marseille, le chemin était compliqué. Il apparaissait seulement a 9 reprises cette saison, avant de quitter la cité phocéenne.

La vitrine

Pour faire passer un message, le centre de formation doit être révélateur de ses ambitions. Et pour attirer les joueurs de talents au sein de son écurie, l’Olympique de Marseille doit faire gage de cette promesse, de donner du temps de jeu à sa jeunesse. En tant que jeune, lorsqu’on a le choix entre un AS Monaco qui donne du temps de jeu aux jeunes joueurs, et un Olympique de Marseille de ces dernières années qui ne le fait pas, la réponse peut, déjà, être connue.

Les formations sont bonnes, les formateurs sont qualifiés, mais la volonté de la direction n’est parfois pas en accord avec le reste. L’exemple de Maxime Lopez en est d’ailleurs une très bonne illustration. Il faisait partie de ces bons joueurs, de ces « pépites » qu’on annonçait si loin. Pourtant, voilà, en le laissant partir en prêt et en s’attachant des services de Cuisance, l’OM faisait un choix marquant, peut-être, de sens.

Les deux joueurs possédaient un profil similaire, et au lieu de donner la chance à Maxime Lopez, pur produit du centre de formation, de s’imposer comme potentiel titulaire, l’OM préférait l’envoyer en prêt pour une saison, faisant venir Cuisance au club, pour la même durée. Le symbole, peut-être, d’une mauvaise gestation ? Ou de l’ambition de voir une équipe briller par ces joueurs venus d’ailleurs, et peut-être plus expérimentés ?

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