L'AS Saint-Étienne pensait avoir fait le plus dur dans sa quête pour la montée en Ligue 1. Mais le réveil a été brutal ce samedi. En s'inclinant (2-0) sur la pelouse de Bastia, alors lanterne rouge du championnat, les hommes de Philippe Montanier ont non seulement grillé un joker précieux, mais ils ont surtout affiché une attitude qui ne passe pas. Pour l'ancien défenseur emblématique du club, Patrick Guillou, les Verts ont fait preuve d'une suffisance impardonnable.
Le mirage du "Chaudron" a endormi les Verts
Il semblerait que l'effervescence autour du match à venir contre Troyes, qui se jouera à guichets fermés dans un Geoffroy-Guichard incandescent, ait eu un effet anesthésiant sur l'effectif. Focalisés sur cette "finale" pour le titre et la montée, les joueurs stéphanois ont totalement oublié de répondre présent en Corse. Ce relâchement est d'autant plus dangereux que Le Mans, vainqueur ce week-end, est désormais revenu à hauteur de l'ASSE au classement.
Un constat technique et mental accablant
Dans les colonnes du Progrès, Patrick Guillou n'a pas mâché ses mots pour décrire la prestation des partenaires de Lucas Stassin. Selon le consultant, le jeu stéphanois a ressemblé à un "tricot sans manches" : esthétique de loin, mais totalement inefficace face à l'adversité. Il pointe du doigt une perte de balle évitable de Cardona qui a fait s'écrouler tout l'édifice tactique.
"La suffisance et l’abus de confiance étaient presque devenus une tactique", fustige Guillou, ajoutant que les joueurs se sont "planté une belle écharde dans les pieds" en se déplaçant avec la mentalité de touristes "en tongs". Ce manque d'humilité face au dernier du classement remet en question la solidité mentale du groupe pour le sprint final.
Philippe Montanier face à l'urgence d'un électrochoc
Si cette défaite peut être vue comme l'avertissement nécessaire pour recadrer les troupes, elle place Philippe Montanier sous une pression immense. L'entraîneur doit désormais corriger cet état d'esprit défaillant avant la réception de l'ESTAC. Personne n'imagine le club rater la montée après un tel parcours, mais le spectre d'une déroute finale plane désormais sur le Forez. Samedi prochain, le coup de sifflet final contre le leader troyen dira si les Verts ont su remettre leurs chaussures à crampons ou s'ils ont définitivement glissé.