Cette saison, l’ASSE peine grandement sur le plan sportif. Les résultats sont complexes, bien qu’une légère amélioration ait été constatée, et redonne de l’espoir aux supporters stéphanois. Sur le plan financier en revanche, le club rencontre des difficultés depuis plusieurs saisons. Cela semble constituer un immense paradoxe.
Parmi les clubs réputés pour ne pas se montrer très actifs en période de mercato, l’AS Saint-Étienne détient sûrement la palme. Alors que le club est parmi ceux formant le plus de jeunes joueurs, pour ensuite les intégrer progressivement à l’équipe première, la voie du marché des transferts ne semble pas être celle privilégiée. Justement, cette politique est-elle un choix délibéré ou une situation subie du fait d’un manque de moyens ? Dans les faits, le budget du club devrait être relativement élevé selon un professeur en sciences économiques.
Des bénéfices parmi les meilleurs d’Europe
Réputé pour miser nombreuses de ses billes sur son centre de formation, l’ASSE frappe fort en se classant 33e club au monde ayant généré le plus de profit depuis 2015. Générant 89 millions d’euros de bénéfices sur cette période grâce aux transferts réalisés, le club avait en théorie, de quoi grandement améliorer le visage de son équipe, en grimpant dans la hiérarchie des équipes les plus attirantes de France. Au lieu de cela, l’ASSE se trouve être en grande difficulté, menacé par la relégation en Ligue 2, et nettement moins à l’aise financièrement que la situation le présuppose.
Médiapart annonçait effectivement il y a plusieurs mois, ne santé financière en déclin pour le club, capable de générer beaucoup de moyens. Ce paradoxe a de quoi surprendre, notamment Jean-Pascal Gayant, professer de sciences économiques à l’Université du Mans. Interrogé par Le Progrès, il déclare : « Ce qui est surprenant, c’est qu’on a ce solde de ventes positif en engrangeant des dizaines de millions d’euros, et un club qui est dans une situation pécuniaire très difficile. Il y a un hiatus, c’est un peu un mystère. »
Alors que selon lui, la crise du Covid ainsi que la chute de Mediapro concernant les droits télévisuels ne sont pas étrangères à la création d’un budget trop optimiste, il se dit impatient de découvrir le prochain rapport de la DNCG pour y voir plus clair sur la situation réelle de l’AS Saint-Étienne.