Il avait pris les rênes de l'Olympique de Marseille en cours de saison dans des circonstances difficiles, mais l'aventure d'Habib Beye sur le banc phocéen touche visiblement à sa fin. L'arrivée imminente de Grégory Lorenzi comme directeur sportif pourrait bien signer l'arrêt de mort définitif de l'entraîneur sénégalais, moins de 5 mois après son arrivée au club.
Nommé mi-février pour succéder à Roberto De Zerbi, Beye avait suscité un certain enthousiasme initial, lui l'ancien joueur emblématique du club. Mais les résultats n'ont jamais suivi. En onze matchs sur le banc de l'OM, l'ex-coach de Rennes en a remporté quatre, obtenu un résultat nul et perdu à six reprises, toutes compétitions confondues — réalisant ainsi le pire début d'un entraîneur marseillais depuis 1984, avec une moyenne de seulement 1,18 point par match.
Des défaites embarrassantes à Lorient et à Nantes récemment, une élimination en Coupe de France à domicile contre Toulouse (2-2, 3-4 aux tirs aux buts), et des tensions rapportées en interne avec Medhi Benatia : le tableau dressé par Beye à l'OM est particulièrement sombre. Malgré un contrat courant jusqu'en 2027, l'ancien consultant de Canal+ n'a jamais semblé être l'homme de la situation pour redresser un club de cette envergure.
Pendant ce temps, la direction marseillaise a agi. Benatia ayant annoncé sa démission en fin de saison, c'est Grégory Lorenzi, 42 ans et actuel homme fort du Stade Brestois, qui lui succédera. Son officialisation devrait intervenir la semaine prochaine, après le dernier match de la saison.
Lorenzi aux commandes, Beye dans le viseur
Selon La Provence, Lorenzi ne serait d’ailleurs pas fan du profil d'Habib Beye. Une information courte mais lourde de sens, qui en dit long sur l'avenir du technicien sénégalais à Marseille. Le futur directeur sportif olympien disposera d'un rôle très large, incluant la responsabilité du recrutement mais aussi un poids déterminant dans le choix du prochain entraîneur, qui sera sa première grande décision à prendre du côté des Bouches-du-Rhône.
Et le président Stéphane Richard, qui entrera en fonction début juillet, souhaiterait repartir avec un coach français expérimenté de Ligue 1. Les noms de Bruno Genesio et Christophe Galtier circulent avec insistance, tandis que celui de l'Autrichien Adi Hütter, passé par Monaco, est également évoqué comme une option alternative. Beye a lui-même tenté de défendre son bilan en conférence de presse aujourd’hui, assurant n'avoir aucun regret sur son aventure olympienne et affirmant que la Ligue Europa reste une compétition de standing. Des arguments qui peinent pourtant à convaincre quand le futur patron sportif du club n'est visiblement pas acquis à sa cause.
Pour l'heure, il reste ce dernier match à disputer dimanche soir face au Stade Rennais au Vélodrome, avec l’enjeu européen encore en jeu pour les deux formations. Ce sera peut-être le chant du cygne d'Habib Beye sur le banc marseillais, mais celui-ci veut, quoi qu’il arrive, emmener l’OM en Coupe d’Europe l’an prochain. Si l'été phocéen s'annonce une nouvelle fois radical, le Sénégalais pourrait bien en être la première victime.