À deux semaines d'une finale de Ligue des Champions historique face à Arsenal, Luis Enrique s'est confié en conférence de presse ce samedi avec une franchise désarmante. Entre humilité sur le statut de favori, gestion mentale du groupe et volonté d'oublier le passé, le technicien espagnol a livré une véritable feuille de route psychologique avant le choc du 30 mai à Budapest.
Champion de France et tenant du titre européen, le Paris Saint-Germain aborde cette fin de saison dans une position rare : celle d'un club qui n'a plus rien à prouver en Ligue 1, mais tout à confirmer sur la scène continentale. La saison dernière, les Parisiens avaient écrasé l'Inter Milan en finale (5-0), réalisant l'un des succès les plus larges de l'histoire de la compétition. Face aux Gunners, le contexte sera radicalement différent.
Alors que le PSG a successivement éliminé Chelsea, Liverpool puis le Bayern Münich depuis les huitièmes de finale cette saison, Luis Enrique ne veut pas minimiser le parcours des londoniens qui ont eux bouclé la phase de ligue avec un bilan parfait, avant d'écarter successivement le Bayer Leverkusen, le Sporting CP et l'Atlético de Madrid.
"Lors d'une finale, il est impossible de désigner un favori"
Interrogé sur la préparation de son équipe, le coach parisien a d'abord évoqué les avantages logistiques de cette fin de saison : “la première chose qu’il faut faire, c’est s’adapter au calendrier. On ne joue pas la finale de la Coupe de France. On aura le temps de faire des entraînements tactiques pour parler de la défense et de l’attaque. L’objectif est d’arriver avec les joueurs dans les meilleures conditions”. Sur la question du favori, Luis Enrique a été catégorique : “Lors d’une finale, c’est impossible de déterminer un favori.”.
Mais l'aveu le plus marquant concerne sa relation avec la victoire passée. Plutôt que de s'appuyer sur le souvenir de Munich, le technicien espagnol choisit délibérément d'effacer cette mémoire “la première a été incroyable et inoubliable. Mais actuellement, je ne m’en rappelle plus, elle appartient à l’Histoire.” Il insiste en disant “Je ne me rappelle de rien. Si tu penses au passé, tu es distrait”. Une philosophie qui tranche avec le discours habituel des entraîneurs qui capitalisent sur la confiance générée par les succès précédents.
Ce PSG version Luis Enrique semble donc aborder Budapest avec un état d'esprit de chasseur plutôt que de champion à défendre son titre — une posture mentale qui pourrait bien faire la différence face à des Gunners portés par la faim d'un premier sacre européen de leur histoire.