L'Olympique de Marseille n'a pas convaincu lors de son rendez-vous le plus stratégique de l'été. Réunie ce mardi pour examiner la situation financière du club marseillais, la DNCG a prononcé un sursis à statuer dans l'attente d'éléments complémentaires demandés au club, reportant ainsi son verdict définitif. Un répit de courte durée, qui cache en réalité une audition jugée très insuffisante par l'instance.
Une représentation qui a surpris la commission
Selon L'Équipe, Stéphane Richard, futur président de l'OM, est arrivé seul devant la commission, avec près de vingt minutes de retard, tandis qu'Alban Juster, président intérimaire, est intervenu uniquement en visioconférence. Une situation inhabituelle pour un rendez-vous aussi stratégique. À titre de comparaison, l'OL aurait mobilisé plusieurs juristes, experts financiers et commissaires aux comptes pour défendre son dossier. Un contraste saisissant qui n'est pas passé inaperçu auprès des membres de la DNCG, habitués à des délégations bien plus étoffées pour des dossiers de cette importance.
Un contexte déjà très tendu pour Marseille
Cette attente intervient dans un contexte délicat pour l'OM, récemment sanctionné par l'UEFA pour non-respect du fair-play financier. Le club a d'ailleurs lui-même sollicité un report de son audition, initialement fixée à la mi-juin, pour intégrer ces nouvelles sanctions dans son dossier. La DNCG avait aussi été surprise par l'hypothèse avancée d'une exclusion de l'OL des compétitions européennes, scénario qui aurait favorisé une qualification de l'OM en Ligue des champions. Une stratégie qui n'a visiblement pas rassuré l'instance sur le sérieux du dossier marseillais.
Un plan de cessions XXL pour sauver la situation
Le principal élément favorable au club reste la crédibilité acquise auprès de l'instance par son propriétaire Frank McCourt. Toutefois, l'actionnaire souhaite désormais réduire les pertes et exige des ventes de joueurs ainsi que des plus-values. L'OM doit vendre entre 50 et 60 millions d'euros d'ici fin juin selon les chiffres avancés. Le nouveau directeur sportif Grégory Lorenzi hérite d'un effectif important avec de nombreux retours de prêt, et une douzaine de départs sont actuellement étudiés.
Un avertissement qui plane sur tout l'été
Ce sursis à statuer ressemble fortement à un rappel à l'ordre. L'OM dispose encore de temps pour corriger le tir, mais les prochaines semaines seront cruciales pour l'avenir du club, son mercato et sa capacité à construire un effectif compétitif. En cas de non-respect des objectifs, les sanctions redoutées vont de l'encadrement de la masse salariale à l'interdiction de recrutement pur et simple, voire la rétrogradation administrative. À Marseille, l'été s'annonce décidément brûlant, autant sur le terrain que dans les bureaux.