Il sera peut-être double champion du monde dimanche soir, mais cela ne changera rien à son destin entre Rhône et Saône. À Lyon, Nicolas Tagliafico n'entre plus du tout dans les plans d'avenir de la direction, qui ne prend même plus la peine de s'en cacher.
Une finale mondiale dans les jambes, la porte de sortie dans le dos
Le timing de cette affaire a quelque chose de profondément ironique. Pendant que le latéral gauche se concentre avec l'Argentine sur sa finale de Coupe du monde face à l'Espagne, à quelques heures d'un potentiel deuxième sacre planétaire consécutif, son club s'active en coulisses pour boucler ses valises. L'Olympique Lyonnais, qui se retrouve confronté à un embouteillage avec trois latéraux gauches de métier pour un seul poste de titulaire, a tranché : l'international de 33 ans doit impérativement plier bagage lors de ce mercato d'été.
Selon les révélations de Ouest-France, deux courtisans sérieux ont dégainé des offres concrètes. L'Olympiakos en Grèce et le Deportivo La Corogne en Espagne se sont officiellement positionnés pour récupérer le gaucher. Des intérêts majeurs qui sont accueillis avec un immense enthousiasme par le board rhodanien, pressé de conclure l'opération.
Un choix financier évident pour la DNCG
Pourtant, le dossier s'annonce complexe sur le plan contractuel. L'été dernier, alors qu'il touchait au bout de son premier engagement, l'ancien défenseur de l'Ajax avait surpris les supporters en paraphant une prolongation surprise de deux saisons, liant son avenir à l'OL jusqu'en juin 2027. Un an plus tard, ce choix ressemble fort à un calcul manqué. Si l'offre salariale grecque pourrait coller à ses exigences, rien n'indique que le principal intéressé soit pressé de quitter le confort de la capitale des Gaules.
Sur le plan technique, Paulo Fonseca apprécie pourtant l'expérience de son défenseur. Mais l'appui du technicien portugais ne suffit plus à effacer une fin de saison dernière catastrophique, plombée par une avalanche de cartons rouges préjudiciables, notamment lors de l'élimination européenne face au Celta Vigo. Pour Matthieu Louis-Jean, le directeur du football lyonnais, la priorité est désormais d'installer la relève incarnée par le prometteur Mohamed Ouédraogo. Avec des émoluments estimés à 220 000 euros par mois (soit près de 2,6 millions d'euros par an), le champion du monde pèse bien trop lourd sur une masse salariale placée sous le contrôle hyper strict de la DNCG. Vendre un joueur de 33 ans en fin de cycle plutôt que de l'assumer jusqu'à sa fin de contrat : pour l'état-major lyonnais, la logique comptable a définitivement pris le pas sur le prestige international.