Deux ans après la reprise de l'ASSE par Kilmer Sports Ventures, le débat ne s'apaise pas. Entre résultats sportifs fragiles, tension grandissante avec les ultras et un avenir en Ligue 1 encore incertain, le projet canadien divise toujours. Mais un homme affiche une confiance totale dans la direction actuelle : Bernard Caïazzo, l'ancien président du club.
Dans un entretien accordé au Progrès, l'ex-actionnaire des Verts a pris publiquement la défense de Larry Tanenbaum et de son groupe, allant même jusqu'à lâcher une déclaration choc sur le potentiel financier de Kilmer Sports Ventures.
"Larry est le seul qui peut mettre 500 millions"
La phrase est tombée comme une bombe. « Larry est le seul qui peut mettre 500 millions sur plusieurs années », a affirmé Caïazzo, laissant entrevoir une capacité d'investissement colossale, loin de l'image d'un propriétaire prudent et frileux que certains supporters ont retenu. Pour l'ancien président, la vente du club à Kilmer n'est pas un regret, bien au contraire : il reste convaincu d'avoir confié l'ASSE à des mains capables de lui offrir une dimension nouvelle.
Caïazzo a également insisté sur le profil humain de Tanenbaum et d'Ivan Gazidis, qu'il décrit comme des dirigeants calmes, attachés au sport et loin des caricatures qui circulent dans les travées de Geoffroy-Guichard. Un discours rassurant sur le papier, mais qui peine encore à convaincre une base de supporters en colère.
Une stratégie qui continue de diviser
Car sur le terrain, les signaux d'alarme restent bien réels. Depuis leur arrivée, Kilmer a misé sur une politique de jeunesse et de data, privilégiant des profils à fort potentiel plutôt que des renforts immédiatement compétitifs. Une approche qui divise profondément, entre ceux qui y voient un projet solide sur le long terme et ceux qui estiment que l'ASSE paie cash cette philosophie au niveau des résultats.
La patience des supporters stéphanois s'effrite, notamment après une saison passée en Ligue 2 et des barrages qui n'auraient pas dû exister dans le scénario idéal. Pour beaucoup, la réputation du club en a pris un coup, et les 500 millions évoqués par Caïazzo restent encore des chiffres abstraits sans traduction concrète dans les faits.
Caïazzo croit encore au projet, mais les preuves restent attendues
L'ancien président l'assume : « On apprend plus dans la difficulté que dans la victoire. » Pour lui, Kilmer possède non seulement les moyens financiers, mais aussi la lucidité nécessaire pour corriger les erreurs passées et construire un projet ambitieux. Un discours de long terme qui peut paraître convaincant… à condition que les actes suivent rapidement.
Car le mercato à venir sera scruté de près, et la direction sait qu'elle ne pourra plus se contenter de promesses. Si Kilmer a vraiment 500 millions à investir sur plusieurs années, le peuple vert attend désormais des signaux concrets, pas seulement des déclarations fracassantes dans la presse régionale. Saint-Étienne mérite mieux que des mots, et tout le monde ici le sait.